Coups de dés |
| Zone événementielle d'art actuel |
| Édifice de l'American Can, Coin Pie IX/Ontario, Hochelaga-Maisonneuve, Montréal dans le cadre des Espaces Émergents du 27 février - 16 mars 2003. |
| De l'art vivant à l'American Can | |||
Une audacieuse et festive " zone événementielle d'art actuel " s'immisce dans l'édition 2003 des Espaces Émergents dans Hochelaga-Maisonneuve. Commissaire invité, le sociologue de l'art Guy Sioui Durand multiplie le pari énoncé par Malarmé. Il " lance " comme art vivant in situ et ouvert à la vie sociale du quartier trois Coups de DÉS sur les planchers en bétons de 40,000 pieds carrés des troisième et premier étages non aménagés de l'ancienne fabrique de l'American Can. Un nécessaire métissage, entre des artistes en émergence et porteurs d'avenir avec des " passeurs intergénérationnels " aux pratiques créatrices établies, s'y activera sur trois week-ends. Les vendredi soir 28 février, 7 mars et 14 mars ainsi que la nuitée du samedi 15 mars 2003 y seront des épis des intenses de création. Dans le contexte de mondialisation où s'entremêlent marchands de peur (guerre appréhendée, contrôle, sécurité, assurances et autres propagandes d'enrôlement) et marchands d'espoir (loteries, casinos et autres et autres publicités du bonheur), Coups de DÉS s'affiche comme alternative, risquant à produire par l'art des " visions imaginantes autres " pour notre époque mutante. |
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Démarrant le vendredi 28 février au troisième étage de l'American Can, une série « d' installactions » initieront des dispositifs et processus de déterritorialisations des disciplines et genres que sont la sculpture, l'installation et la performance. En interrelations avec l'audience, cet art vivant prend aussi en compte l'architecture du bâtiment et la réalité sociale du quartier. Par la suite, ces " installactions " seront ouvertes aux visites jusqu'au 15 mars. Le vendredi 7 mars au même étage, ce sont des dérives multimédias qui vont s'ajouter. Différentes variantes d'art action (manuvres, art transactions, esthétique relationnelle, propagande de contaminations esthétiques, socio-esthétique, etc.) comme des dispositifs « d'agir communicationnel », c'est-à-dire propices aux délibérations, mais aussi une série de projections multimédias hybridant images vidéos et sons transformeront l'environnement. Finalement, tels des « vases communicants », l'énergie socio-artistique de ces deux premiers Coups de Dés « descendra » du troisième étage vers le premier étage de l'American Can le vendredi 14 mars pour la tenue du colloque l'Agora Réflexif et le samedi 15 mars de l'Agora Festif, nuitée d'art total. Ce doublé, concocté en complicité organisationnelle avec le collectif DIA, liera l'inventivité et l'éthique engagée de l'art des deux premières semaines en une fabuleuse osmose collective des déterritorialisations/dérivesdébats/délire comme point culminant. |
| Déterritorialités Vendredi 28 février 19 hr. 30 3'étage de l'American Can |
Pour « lancer » les Coups de DÉS, Guy Sioui Durand a réuni quelques-uns de la nouvelle fournée de collectifs qui ont surgi ces dernières années. Ils ont pour noms les Sœurs Couture, les Fermières Obsédées, le duo Duguay/Favreau, les Trois Marie, Cagibi International ou encore Darboral, ce dispositif ouvert de Massimo Guerrera. Intéressé à pousser d'un cran les actuelles expérimentations où il y a rencontre entre l'installation en fonction du site et les interrelations avec les spectateurs qui modifient l'art performance, le sociologue et critique d'art Guy Sioui Durand les a invités à créer des « installactions ». Et, à ce laboratoire d'art expérimental, s'ajouteront dans l'immense espace du troisième étage de l'American Can, quelques cinq intrigantes propositions d'art action de la part des Karen Spencer, Francis O'shaughnessy, Sylvette Babin, Alain-Martin Richard et du collectif « We are not Speedy Gonzalez ». L'esprit et la facture « indisciplinées » de ces œuvres iront donc au-delà des sculptures/objets et de l'installation en exposition pour se fusionner à diverses expérimentations d'art action (performances, manœuvres, esthétique relationnelle et/ou interactivité multimédias). Ensemble, ces pratiques de « déterritorialisations » créées in situ offriront non seulement des dispositifs d'occupation de l'espace dont la matière artistique initiale se métamorphose en gestes créatifs ou inversement, le performatif en matériau installatif. Elles prendront encore en compte les « mémoires architecturales » de cet énorme édifice au passé de fabrication industrielle en mutation qu'est l'American Can ainsi que la vie quotidienne typique à Hochelaga-Maisonneuve. Des d'échanges sur place avec les artistes présents sur tout cet activisme socio-artistique, seront un de ces « immatériaux » de ce premier Coup de DÉS . Vendredi 7 mars 20h00 : 3e étage de l'American Can La deuxième « volée » des Coups de DÉS va s'orchestrer telle des ondes irradiant à partir de l'épicentre créé par le curieux et fascinant processus de dématérialisation conçu par l'artiste multidisciplinaire François Morelli. « Baignoire/Soupière » d'un genre particulier pour « soupe aux tomates en cannes », le concept de l'artiste pourrait bien « dissoudre » le statut de spectateurs en mettant tous les gens présents dans le « même bain » ! Chose assurée, cette « installaction » va déclencher trois modes de dérives multimédias au troisième étage de l'American Can. On aura simultanément droit (1) à des « manœuvres » mobiles de la part des Fred Péloquin, Sylvie Cotton, Alain-Martin Richard, (2) à des dispositifs « installactifs » de la part de l'Internationale Virologie Numismatique et du duo Doyon/Demers. et à des expérimentations hybridant images et sons de Pascal Côté, d' Alexandre Bélair, Frédéric Lavoie et du duo Duguay/Favreau, avec en complément la projection en boucles d'une sélection de vidéos. Art action, sons et images vont déferler comme« agir communicationnel » et « projections délibérantes », c'est-à-dire créant l'échange de sens avec l'audience. |
| Débats/Délire de l'Agora Réflexif et de l'Agora Festif Vendredi 14 mars 11hr. L'Agora Réflexif Samedi 15 mars 22 hr, l'Agora Festif 1ier étage de l'American can. |
DIA surgit d'une nouvelle génération éprise d'art engagé s'apprête à mettre en question la structuration, le « membership » ainsi que leurs seules finalités professionnelles des réseaux comme celui des centres d'artistes. Dans la foulée de l'émergence de néo-collectifs, de nouvelles zones et surtout d'attitudes nouvelles dans l'art actuel, l'irruption de DIA repositionne les questions intergénérationnelles non seulement à côté de celles de l'internationalisme - mondialisation/anti-globalisation mais encore comme art de changements en société. |
« Un coup de dés jamais n'abolira le hasard » -Malarmé. |
C'est donc dire que les énergies socio-artistiques du Montréal « underground » que l'on ne retrouve rarement dans les réseaux organisés seront de ces trois vagues des Coups de Dés, se voulant des vases « communicants » d'expérimentations conviviales métissant relève et « passeurs » intergénérationnels et oscillant de stratégies artistiques vers l'agir sociétal. Aux dires de certains spécialistes, Mallarmé aurait fondé la modernité avec sa fameuse maxime chuchotée « Jamais un coup de dés n'abolira le hasard ». Guy Sioui Durand renchérit : il en lance plusieurs en plein sur le tapis de la postmodernité. Guy Sioui Durand, Tsie8ei 8enho8en |