Des indiens d'Amérique au pays des Inu |
| (Japon, 2000) |
| L'ours tortue Espace émergent (Montréal, 2001) |
| 1. Une expédition historique | |
Lors des discussions faisant la synthèse des deux Festivals, le Multi Media Art and Communication ( MMAC) à Tokyo puis le Aizu Art College (AAC) à Aizu-Mishima au Japon, les artistes japonais participants ainsi que les organisateurs hôtes, ont exprimé un sentiment non équivoque. Ils n'avaient jamais côtoyé d'artistes si préoccupés par les communautés locales, des artistes intégrant de manière interactive et interdisciplinaire autant d'éléments « in situ » tout en maintenant une conscience spirituelle et écologique des rapports entre les cultures aborigènes d'Asie et d'Amérique. Certains ont même mentionné que cela les obligerait à requestionner leurs propres pratiques créatrices. Un tel état d'esprit indique qu'il s'est passé quelque chose de significatif, de pas banal lors de l'expédition Des Indiens d'Amérique au pays des Ainus du Japon en septembre 2000. De fait, pour tout analyste attentif de l'évolution contemporaine des cultures et de l'art amérindiens en Amérique du Nord, la conception d'un projet interdisciplinaire d'art, la constitution d'une équipe d'artistes autochtones en provenance des Premières Nations vivant dans le Nord-Est de l'Amérique (Québec) et la réalisation d'une expédition sur la scène internationale de l'art depuis l'Est (le Québec) vers l'Ouest (le Japon), constituent une première historique dans la complexe trame autochtone, canadienne et québécoise en Amérique du Nord. |
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L'importance de la manifestation favorisera des prises de conscience, non seulement pour les artistes autochtones souvent isolés dans l'Est, mais aussi pour l'ensemble des Premiers Peuples. Lors de la décennie précédente, on a pu observer un appui institutionnel, (le CAC et les grands musées canadiens) assez soutenu envers les artistes amérindiens de l'Ouest et des Prairies. Au Québec l'imaginaire autochtone contemporain a surtout trouvé refuge dans les réseaux québécois de l'art (centres d'artistes, maisons de la culture et événements ponctuels). La réalisation de ce projet amorce un changement. |
| 2. Générosité et implication créatrice |
Quelques images ainsi que la table des matières et l'introduction de l'essai en cours de rédaction accompagnent en annexes le rapport. Ces documents laissent poindre la participation généreuse et ouverte aux collaborations entre les artistes participants japonais et des autres pays et les autochtones dans ce qui s'est avéré, non pas un Festival mais deux. Le MMAC s'est déroulé à Tokyo et le AAC dans la communauté d'Aizu-Mishima à 600 kilomètres au Nord de la mégalopole nipponne. Voici de brèves descriptions des œuvres et activités réalisées au cours de ces dix jours d'intenses activités : Yves Sioui Durand : performance d'ouverture La Voix qui vient de la forêt du Festival MMAC à l'Ambassade du Canada; conception de la performance de groupe L'arrivée de Faux Visage à l'Université de Tokyo-centre; performance solo Sushi or not Sushi? à Tokyo. Performance-solo d'ouverture du Festival à Aizu-Mishima, Faux Visage et la danseuse; co-performeur dans la performance Spleen de Yoishi Ueno; Shapatuan et atelier collectif d'art rituel en collectif; atelier d'expression du corps, théâtre et art performance; Iwouskea et Tawiskaron, performance en duo avec son frère en finale de la journée des performances. Sylvie Paré : participation à la performance inuagurale de groupe L'arrivée de Faux Visage; performance/installation La Vendeuse de paniers, à l'Université de Tokyo-centre; collaboration à la performance de Sonia Robertson à Tokyo; installation Blessure/Guérison au centre d'art d'Aizu; complice des performances de Yoishi Ueno, de Sonia Robertson et du duo des frères Sioui en plus de participer l'atelier collectif d'art rituel. Sonia Robertson : L'arbre de vie sera le fil conducteur de ses installations à la galerie ef de Tokyo et au Centre d'exposition d'Aizu et performances au théâtre de Tokyo; performance nocturne autour du feu dans le Shapatuan se transformant en « happening sonore »; officiante de l'atelier collectif d'art rituel dans le Shapatuan à Aizu elle sera complice de la performance du duo des frères Sioui. Guy Sioui Durand : conférence inaugurale du MMAC, Les nouveaux Chasseurs/Chamans/Guerriers de l'art à l'Ambassade du Canada sur la situation de l'art amérindien actuel au Canada et au Québec; participation au colloque international Globalisation sur la mondialisation des économies et de la culture; complice tour à tour de la performance inaugurale de groupe L'arrivée de Faux Visage, des performances solos d'Yves Sioui et de Sonia Robertson ; participation à la construction du Shapatuan et à l'atelier d'art rituel, complice du « happening sonore » de Sonia Robertson, performance-solo La cervelle renversée et duo Iwouskea/Tawiskaron à Aizu; discussion synthèse Relativisation de la Modernité : perspectives amérindiennes. Jocelyn Fiset : participation à la performance de groupe inaugurale de groupe groupe L'arrivée de Faux Visage à l'Université de Tokyo Centre; installations interactives du Dôme à l'Ambassade du Canada et au Centre d'art d'Aizu. |
| 3. Une étape qui enclenche l'avenir |
En conclusion, le projet Des Indiens d'Amérique au pays des Ainus au Japon marque une étape originale dans la promotion de l'art amérindien sur la scène internationale. Mieux, il enclenche l'avenir dans nos communautés. |