Indian act |
| Aboriginal performance act |
| A three day cultural event in Vancouver, Canada (nov 29,30 and dec 1, 2002) |
INDIANacts, aboriginal performance act. A three day cultural event in Vancouver, Canada (nov 29,30 and dec 1, 2002). Emily Carr Institute of Art and Design. Presented by grunt gallery, co-curated by Dana Claxton and Lori Blondeau. La qualité des participant(s) et la teneur des cinq ateliers de réflexions/actions auguraient bien. Et la rencontre sera historique. En effet, au-delà del'impeccable conception et organisation de l'événement sous l'égide des co-commissaires Dana Claxton, Lori Blondeau et de la complicité de Glen Alteen, directeur de la grunt gallery, c'est réellement la " densité créatrice et réflexive " de l'évolution de l'art action amérindien de la dernière décennie au Canada qui aura « resurgit » durant ces trois jours de haut calibre. |
| «Quand l'art en actes et la pensée dite se fusionnent» | ![]() |
Poursuivant l'intention commune de déconstruction des modèles connus au profit d'une vitalité non seulement amérindienne mais valable pour l'ensemble des acteurs du champ de l'art actuel, et que des événements comme des précédents événements d'art amérindien comme High Tech Storytellers (Saskatoon, 2000), Le Retour de l'Ours/Tortue (Montréal, 2001) ainsi que la constante présence autochtone dans les événements d'art performance à Vancouver (ex. : Still. First Nations Performance, grunt gallery 1999, Full Circle : First Nations Performance aussi à la Grunt gallery dans le cadre plus élargi de LIVE, biennal of performance art, 2001) ont récemment contribué à mettre en évidence, INDIANacts poussera un cran plus loin. L'événement fusionnera avec pertinence pour chaque panel tenus à la Emily Carr Institute non seulement des performances mais encore de l'art action en dialogue avec la vidéo et l'art web pour ajouter à « l'indiscipline » de conférenciers, quelques-uns se métamorphosant eux-mêmes en conférence-performance. Ajouter à cela ces moments de synthèse, de questions puis les prolongements de rencontres hors colloque, dans des ateliers et logis d'artistes, à la « Maison longue », lors d'expositions et ce, de la première soirée combinant expo et perfo à la grunt gallery jusqu'au Cabaret festif hybride en finale chez Western Front. Pendant trois jours, l'utopie maintes fois exprimée d'osmose entre en vie de l'art en actes a circulé. L'amérindianité artistique active vraiment le sentiment de communauté vivace, humaine et intelligente. |
| Des thèmes majeurs pour l'art en actes et une nécessité historique |
Autant le fameux colloque d'Art action 1958-1998 organisé par le Lieu en 1999 qui donnera lieu à ce qui se voulait un bilan/réseau international de l'art performance, une décennie après la parution de l'Anthologie de la performance au in Canada (Inter/le Lieu, 1991) - était fondé sur des catégories historiques et géographiques, le colloque d'INDIANacts découpera son espace/temps de réflexions en problématiques actuelles qui interpellaient divers interfaces d'identité et de transgression comme en art en actes en cours, au présent et engageant l'avenir. |
Mapping the movement : |
Le premier atelier, Mapping the movement, réunissant l'aînée Dr. Beatrice Medicine, Guy Sioui Durand et James Luna avec comme modératrice Ayyana Maracle, entendait établir les enjeux d'ensemble d'Est en Ouest, du Nord au Sud de l'art action aborigène dans le contexte de la mondialisation et des enjeux locaux et individuels. Les prestations « performatives » de Luna (déconstruisant le mythe de la vedette et de l'arrivisme dans cette société du spectacle) et Guy Sioui Durand (déconstruisant l'infrastructure du lieu et l'apparence du conférencier au profit de l'inversion, de la proximité et d'un parti/pris « punk/mohawk » pour faire place aux jeunes) donnèrent le ton des métissages « pensées/actes » qui ne se démentira plus par la suite. |
Unregenerated action offerings : |
Le second panel réunissait Ahasiw Maskegon-Iskwew, Lori Blondeau et Anthony Mcnab Favel avec Dana Claxton comme « chef de parole » pour aborder la controversée frontière entre radicalisme de la création et protectionnisme de l'héritage et de la spiritualité (unregenerated action offerings). L'émotion d'un « Maskegon-Iskwew » pour poser certains aspects du problème, l'introduction par Blondeau et Mcnab Flavel des images/audio en support « hi-tech » de leurs positions, la première radicale par sa performance sans mots et le second par une mise en contexte concrète du renouvellement des rythmes, auront pour effet de stimuler les questions, toutes centrées sur l'usage et ses significations, sinon limites des artefacts à connotation rituelle sacrée - le cas du masque revint au premier plan, surtout avec la présentation précédente du vidéo de la performance Ours/Tortue d'Yves Sioui Durand et qui était venu performer à Vancouver au printemps.
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Performance of trauma and testimony : |
L'atelier trois s'est centré sur les stratégies de création par lesquelles les artistes amérindiens déboutent par la performance les situations de troubles psychosociaux et l'héritage du colonialisme. Le panel Performance of trauma and testimony aupervisé par Marcia Crosby, donnera l'occasion à Rebecca Belmore de mixer action « live » aux vidéos et diapos comme parcours synthèse de son engagement en œuvres, à Reona Brass de commenter une de sa dernière performance devenue vidéo construit comme une quête de constante transformation d'elle-même et à Lawrence Paul Yuxweluptun de réveiller le « Warrior » politique, à partir de sa célèbre performance « An Indian act shooting Indian Act » (England, 1996) mais aussi ses liens avec sa communauté, lesquels relativisent les moments et audiences par rapport au questionnement artistique sur la frontière entre l'usage d'artefacts pour des cérémonies sacrées locales ou comme symboles de création artistique toujours la question du « masque » ! |
Tussling and public spectacle : |
L'humour traverse le travail multidisciplinaire mais aussi respectueux de la vie traditionnelle iroquoise de Shelley Niro. Ayant la tâche de modératrice pour cet atelier ouvert aux chocs " politiques " de ces événements et pratiques de résistance et de déconstruction de la géopolitique et des réalités socio-politiques dominantes par nombre d'artistes amérindiens, elle va bénéficier d'un panel exceptionnel avec les Edward Poitras, Lynne Bell et Greg A Hill. Utilisant son portable, le souriant et calme Edward Poitras aura le mérite, à partir du destin d'une des premières grandes danseuses classiques d'origine amérindienne, point de départ en apparence déroutante dans le monde de l'art actuel éclaté et autre preuve des parcours énigmatique dont fait preuve chaque fois le « coyote des plaines », de clarifier les enjeux. Chaque fois le contexte et la séquence de recherche et de création d'un artiste vient moduler le « quoi », le « comment », le « pourquoi », « quand » et « où » des gestes, cérémonie ou art action. Poitras tend par là à démontrer que la dissidence et la transgression s'inscrivent aussi dans des trames existentielles et conjoncturelles qu'il faut savoir déjouer. C'est d'ailleurs ce qu'il fera, passant sous silence, ses propres explorations créatrices (art web. Installations, performances), bien que tous documentées dans son portable, créant ainsi une énigme qu'il formulera avec la notion « d'ethical movement » (de responsabilité éthique conjoncturelle pour tout artiste). Lynne Bell va, à l'aide de diapositives de l'événement High Tech Storytellers réunissant sur un même panel les James Luna, Rebecca Belmore et Lori Blondeau à Saskatoon en 2000, se livrer à une fascinante lecture performative explicitant comment l'intention, l'organisation et les actions concourrant à un anti-panel lors de cet événement singularise « en actes » le dépassement critique des modèles coloniaux au profit des valeurs et de la créativité performative autochtone. Greg A Hill a fait d'Ottawa son terrain d'action et d'installations. Avec un sens précis de l'humour et surtout d'impressionnants documents visuels (diapos et vidéos), l'artiste Mohawk (Kanyen'kehaka) a fait revivre notamment deux de ses manœuvres : sa métamorphose « performative » en Indian Scout, cette fameuse statue intégrée au monument consacré à Champlain de la Pointe Népéan entre le Musée des civilisation et le Musée des Beaux-Arts d'Ottawa et qui surplombe Hull et Ottawa. Au milieu des années 1990, un véritable débat local avait amené le déplacement de l'Indian Scout du socle sous Champlain. Hill s'y substituera en « Warrior » (allusion à la crise de Kahnesatake et Kahnawake de 1990); - sa manœuvre Kanata ayant pour bas la Galerie d'art amérindienne dans le hall du Ministère des Affaires Indiennes et du Grand Nord Canadien (MAINC) : nouveau drapeau, panneau publicitaire et point de contrôle douanier, tout y était pour dérouter symboliquement la vie hiérarchisée de la Capitale nationale canadienne. Ce panel va attiser bien des questions de l'auditoire dont les jeunes présents. |
| « Differing pratices experimental theater and performance art » : |
Disciplines et indiscipline s'entrechoquent dans cette « non-zone » dont s'est toujours réclamé l'art performance. Aujourd'hui, ces catégories se font fluides et les artistes y circulent dans des aller-retours et explorent même de nouvelles tactiques d'art action. Où et comment y retrouver la spécificité amérindienne ? Les proximités du théâtre avec les rituels, les « storytellers », le corps et plus largement l'oralité allaient clore le colloque avec l'atelier le mieux intégré sous l'égide de l'impressionnante et dynamique Margo Kane. Débuté avec la performance multimédia de Dolores Dallas, tout de suite sous la forme d'un tablée on va retrouver Margo Kane interrogeant les Floyd Favel, Marie Clements et Dolores Dallas sur les fondements autochtones certes, amis aussi intellectuel, physique et technique du comédien, de l'acteur et du performeur. On se serait cru assistant à une véritable création tant l'intensité y était ! Chaque journée du colloque s'est terminée par une synthèse : Warren Arcan jour un, Steven Loft jour deux et Bently Spang jour trois. Le parti-pris d'un métissage encore plus dynamique entre les réflexions et les créations d'art amérindien mis de l'avant par INDIANacts s'est reflété dans les synthèses. En finale, l'amérindien Spang qui vit aux Étas-Unis a longuement insisté sur le savoir-faire et l'impressionnante qualité de la créativité autochtone de ce côté-ci du 49e parallèle avec comme qualité première les préoccupations à échelle humaine …et joyeuse. Déjà l'avant première du colloque le jeudi soir, jumelait la fin de l'exposition Indian Acts de Nadia Myre à la performance My Mother's Smile de Cheli Nighttraveler à la grunt gallery, donna un avant-goût de l'accent mis sur la proximité entre art et réflexions. Le second jour du colloque, s'ajoutera la visite des impressionnates installations multimédias (Vigil, The Named and the Unamed, Blood on the snow) de Rebecca Belmore à la Morris and Helen Belkin art gallery de l'Université de Colombie-Britannique. Cette remarquable exposition ne manquait pas de sensibliser aux tragédies universelles des femmes disparues et assassinées, dont plusieus d,entre elles amérindiennes, tant ici à Vancouver qu'à Juarèz, ville frontalière du Mexique, fief des « maquiladoras » par exemple. Le dimanche soir, l'éclaté « Cabaret » chez Western Front alignera un intense docu/fiction vidéo sur l'identité perturbée par la jeune et prometteuse Thirza Cuthand), la musique magique de la flute d'Anthony Mcnab Favell et les performances en salle d'Ayyana Maracle, de James Luna et de Rebecca Belmore en duo avec Allison Kiewicz. C'est ainsi que l'oralité réflexive d'INDIANacts à l'Emily Carr Institute aux panels déjà truffés d'art action, aura été entièrement enrobée par ces consuites/situations d'art actuel amérindien. Indianacts, un événement majeur ! |