guy sioui durand

Vingt cinq ans d'art action amérindien du Nord-Est de l'Amérique

Les eaux vives
 
1982-2002
 

Dans la foulée de l'important colloque Indian Acts, Aboriginal Performance Art, (Emily Car Institute/ Grunt Gallery ,Vancouver, décembre 2002), j'ai entrepris une recherche synthèse sur les fondements, l'émergence et l'arrimage de « Vingt cinq ans d'art action amérindien du Nord-Est de l'Amérique (1982-2002) ». Ce travail se poursuivra jusqu'en 2005. Il devrait débouchera sur un site Internet, la participation à deux livres, une série de conférences nomades et l'organisation, au Québec (dans le réseau des centres d'artistes mais aussi dans nos communautés) d'un événement Indian Acts. Un des objectifs visés est de mieux souder ensemble l'Est, le Centre et l'Ouest du vaste territoire culturel et artistique autochtone.

C'est donc dire que,utre la recherche des données, (témoignage, documentationss et analyses d'un corpus de près de cent pratiques d'art action), un travail de l'ordre de la connaissance, des retombées intellectuelles, à la fois personnelles et collectives, de critique d'art et de commissariat se profilent en quatre retombées:

(1) inclusion d'un essai substantiel et documenté - ce qui est très différent et plus exigeant qu'un seul écrit surs sa pratique comme artiste ou sur une manifestation - pour l'ouvrage d'Anthologie de l'art performance amérindienne envisagé comme retombées du colloque Indian Acts ;

(2) dernier chapitre complétant mon plus vaste essai « Les nouveaux Chasseurs/Chamans/Guerriers de l'art » ;

(3) ce travail synthèse va aussi me donner un matériel original propice à entreprendre série nomade de conférences principalement en Ontario et dans les provinces des Praires où j'ai reçu plusieurs invitations notamment de Lori Blondeau, Lynn Bell, Greg Curnoe Ahasiw Maskegon Iskwew, et d'Anthony Kiendl de la Walter Philipps Gallery etc.) . J'entends circuler autant dans les centres d'art ouverts aux artistes amérindiens et que dans les Maisons de la Culture autochtone sur le territoire (ex. :Beaverbrook Art Gallery, Oboro, Woodland Cultural Centre, Definitively Superior, Neutral Ground, Tribe, Urban Shaman, AKA, etc.) ;

(4) ce projet sera aussi un préalable à l'organisation comme commissaire indépendant d'une rencontre au Québec dans la même lignée du colloque Indian Acts. Trois motifs sérieux font que cette possibilité est intellectuellement et politiquement nécessaire.L'important colloque Indian Acts, Aboriginal Performance Art, tenu fin novembre début décembre 2002 à la Grunt Gallery de Vancouver, marque à cet égard un moment historique. En effet, il a rassemblé parmi les acteurs majeurs qui ont fait émerger dans le réseau pan-canadien des pratiques et l'amorce de la mise en commun d'une vision de l'art action authentiquement amérindienne conséquente des efforts d'auto-histoire de l'art amérindien actuel des Premières Nations entrepris dans les années 1990. Le Canada est un terreau fertile de l'art action (performances, manœuvres, installactions, résidences, esthétique relationnelle et art multimédias interactifs, etc.). D'Est en Ouest, du Québec (ex.: Le lieu, centre en art actuel de la ville de Québec) à la Colombie-Britannique (ex. : Grunt Gallery à Vancouver) le réseau des centres d'artistes autogérés en particulier a non seulement créé des plaques tournantes locales d'expérimentations et de réflexions mais encore des ramifications internationales ont pris place en Europe, en Asie et dans les Amériques.

Des colloques, des publications et des documentations audiovisuelles rendent compte de cette dynamique empirique à laquelle l'appui des programmes du Conseil des Arts du Canada aura été cruciale (ex. : le Bureau inter-art). J'ai participé à Indian Acts comme seul représentant à l'est d'Ottawa pour rendre compte de l'évolution peu connue, amenant avec moi documentations audiovisuelles inédites, mes observations empiriques ainsi que les performances que j'ai créés (conférence/performance). Un projet d'Anthologie s'esquisse. Il est pertinent dans la mesure où l'absence d'histoire et surtout de synthèse n'existe pas en soi mais encore n'a pas été prise en compte dans les ouvrages canadiens connus de l'art performance. L'exemple que voici, parce que je l'ai vécu de près, explique assez bien un des éléments épistémologiques de la problématique à la base de ma demande.

Pour avoir vécu la haute teneur créative et des idées à Vancouver, j'envisage en m'associant à transposer de manière originale au Québec Indian Acts. L'originalité de ce projet comme retombée découlant de cette demande tient d'abord à la nécessité cognitive et politique de créer une tribune artistique hors du folklore (genre Terres en Vue et la Grande Paix de Montréal 1701-2001). Il tient aussi à réagir de manière positive et combler le silence qui s'est ré-installé sur l'art performance amérindien (ex. : en 1991 l'ouvrage Anthologie de l'art performance au.in Canada (sous la direction d'Alain-Martin Richard et de Clive Robertson, Québec,Inter/Éditeur, 1991) avait ouvert un espace à l'art action amérindien. Une décennie plus tard, la publication du gros ouvrage d'envergure internationale Art Action 1958/1998 (sous la direction de Richard Martel, Québec, Inter/Éditeur, 1998) n'en avait aucune mention, malgré une décennie d'effervescence! Autre originalité, l'importance de tenir cette manifestation à la fois dans une communauté et à la fois dans un centre d'artistes (ex. : le nouveau musée de Wendake, Oujé-Bougoumou chez les Cris, et au Lieu centre en art actuel de Québec, ce dernier s 'étant montré très ouvert à corriger sa lacune…

Tsie8ei 8enho8en