Loco locass Riopelle et Guy Sioui Durand |
| au Musée national des beaux-arts du Québec |
| Oiseaux de paroles, la nuit Musée du Québec : Riopelle aux rythmes de l'oralité de Loco Locass et d'un Tsie8ei. (Musée du Québec) cet événement c'est déroulé le 19 Octobre 2002. |
L'art est propice aux oiseaux de nuit. Tard dans la nuit, l'action créatrice insolite peut rapprocher et rassembler, y nouer des relations interdisciplinaires et inter générations de manière inouï. Pour cela l'espace/temps d'une institution doit laisser se déployer une connivence entre artistes et œuvres, laisser s'établir un dispositif d'intelligence festive. Imaginez. Minuit le vendredi 19 octobre, le Musée du Québec se métamorphose en un tourbillon où gestes picturaux et rythmes rap en français s'entrechoquent, dialoguent et dynamisent une nuitée interactive. Au-delà de la visite commentée des œuvres de Jean-Paul Riopelle, artiste rebelle depuis le manifeste Refus Global, et d'un spectacle de Loco Locass , ces jeunes rappeurs québécois engagés qui balancent leur Mani'Festif de manière énergique, une véritable zone d'art va s'y tramer. |
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Au départ un complice sociologue de « l'art comme alternative », Guy Sioui Durand, accueille la jeune foule dans la rotonde et l'entraîne dans l'univers pictural et sculptural du peintre québécois vivant le plus illustre, Jean-Paul Riopelle. Véritable immersion dans l'univers du démesuré triptyque Hommage à Rosa Luxembourg, ce trajet se mettra ensuite à vibrer progressivement alors que l'énergie des formes de vie mises en œuvres par Riopelle se feront ryhtmes, sons et paroles d'un nouveau type. C'est comme si les grandes oies allaient s'incarner pour basculer dans l'univers musical des Loco Locass.. D'un coup le cortège marchera à rebours, mais imbibé de l'esprit de la grande salle permanente du Musée du Québec consacrée à Riopelle, pour se rendre dans l'auditorium débarrassé de ses bancs, aux murs devenus toile enrobante. Sioui Durand a, au départ, assuré le passage du visuel à l'audio comme art action. Dès lors, faudrait-il se surprendre que pour la finale, il revienne avec une proposition flirtant avec l'événement d'art total (happening, rave), fusionnant symboliquement ensemble Riopelle, Loco Locass et tous les participants comme paroles vives reconverties en un impromptu « acte pour l'art »? C'est à vivre. |
| Scénario par étapes : |
1) Guy Sioui Durand accueille les gens dans le hall d'entrée de la rotonde et les invite à le suivre dans la salle Riopelle; 2) Guy Sioui Durand incite à «voir» et ressentir la puissance picturale et sculpturale du grand peintre tout en livrant oralement quelques clés de compréhension des œuvres; 3) Un son, un rythme précède l'apparition de Bizz des Loco Locass qui s'exprime brièvement sur Riopelle. Il les invite ensuite à le suivre dans l'univers des Loco Locass à l'auditorium; 4) La salle est aménagé de manière à ce qu'une grande toile (papier) entoure les spectateurs et Loco Locass, créant une zone où art visuel et rap se connecte dans l,esprit du peintre rebelle que l'on a pu entendre (enregistrement sonore) et voir (projection); 5) Pour la dernière chanson (Langage-toi), Sioui Durand se joint au Loco Locass pour inviter chacune et chacun à qui l'on remet des pochoirs et bombes aérosols à devenir des Riopelle transformer les rythmes musicaux et langagiers à nouveau en gestes picturaux collectifs. Happenings d'une époque et rave d'aujourd'hui se fusionnent, métamorphosant le Musée en droite ligne avec l'esprit rebelle de Riopelle. |